All posts in Waouh !

« L’Expérience noire au féminin dans la France contemporaine. »

Ekue-Talk

Ekue-TalkMarch 24, 4:30PM–6:00PM

Chase Auditorium
Distinguished Visitor Lauren Ekué, novelist, writer and freelance journalist

Lauren Ekué is an African-French writer and freelance journalist.

Sponsored by the Department of French & Francophone Studies in conjunction with the Distinguished Visitors Program.

Haverford College
370 Lancaster Avenue
Haverford, PA 19041
USA

Croqueuse de diams

eternamé

Le Soleil est de retour dans la capitale. Il brille, il sublime, il fascine. J’aime mes rencards avec le Soleil. Nos têtes à têtes ne sont jamais houleux. Je suis toujours ravie d’atteindre les vertiges d’une surexposition lorsqu’il triomphe à son zénith. Une belle journée se place toujours sous les meilleurs auspices. Le déjeuner des femmes Eternamé couronne définitivement celle-ci d’un halo magique, d’un puissant signe aussi étincelant qu’un précieux gemme. Je reste quelques instants sur le trottoir de la rue Marot parce que je ne me résous pas à interrompre violemment Rihanna d’un geste sec et inélégant. La voix rocailleuse de Riri hurle à cet instant précis we are beautiful like diamonds in the sky.  Mes oreilles perçoivent le message. Comment ne pas croire à l’énergie ? A la synchronicité ? La star achève enfin sa chanson calibrée pour les oreilles standard.

Laissons donc enfin place à l’exceptionnel. Le mardi, le boudoir Eternamé s’anime d’une superbe ruche de femmes venues d’horizons divers. La créatrice reine, Sarah Besnainou reçoit des femmes à son image, féminité maîtrisée, allure contemporaine au style de vie à la fois cosmopolite, parisien et international. Nous déjeunons autour d’une table merveilleusement dressée où des orchidées, aussi fraîches que l’aube, serpentent de leur beauté l’art de cette table éphémère, ce petit plaisir visuel possède un charme indescriptible. Et, oui, ça en met plein la vue ! Brillamment, ça en jette ! Les convives, sont d’élégantes working-girls à l’appétit d’oiseau. Pas moi. Je n’ai jamais eu peur d’engloutir au cours du même repas plus de calories que contient à lui seul un gâteau d’anniversaire. La tuerie au chocolat a le bon goût de l’enfance, sa teneur calorique rivalise certainement avec le nombre minimum de carat requis pour une création de haute joaillerie Eternamé. Une part de ce délicieux diamant rond, revient à croquer dans le moelleux capitonné d’un écrin tendu de velours. Il faut vraiment faire la fine bouche pour ne pas se laisser tenter par l’un de ses rubis cernés de diamants trônant fièrement sur des macarons aux fruits rouges. La gourmandise n’est pas un péché. Qui mangera vivra. Le minimalisme ne mène pas à la félicité. Qui bagouse au doigt frimera. D’ailleurs d’iridescents Smarties ornementaux, forcément argentés, sont nonchalamment disposés sur la table. La présentation des bagues est tout aussi raffinée.

Le port de pierres précieuses influe positivement le karma, ce qui laisse deviner un beau présage. Shine bright like a diamond, Rihanna a décidemment bien raison.

 

www.etername.fr

Arty wax: L’Afrique, l’art, la mode et la politique

05_YinkaShonibar

Les liaisons entre la mode et l’art contemporain sont souvent fructueuses. Certains talents extirpent du langage de la mode les matériaux nécessaires à l’accomplissement de leurs projets artistiques. La mode africaine n’échappe pas à la fusion de ces deux champs. Les textiles africains inspirent également les artistes de la diaspora africaine au sens le plus large. Bien avant eux, les photographes les plus talentueux du continent avaient déjà utilisé les textiles africains notamment Seydou Keïta, Samuel Fosso, mais aussi les peintres Chéri Samba.

Yinka Shonibare MBE, artiste anglo-nigerian né en 1962 interroge au travers de ses remarquables installations sur les relations post-coloniales entre l’Afrique et plus majoritairement les pays du Sud et l’Occident. Il explore les imbrications et les méandres engendrés par la colonisation. Il expose à travers le monde et a été élevé au rang de Member of British Empire, une très prestigieuse distinction au Royaume-Uni. Il utilise le wax hollandais pour dénoncer  le colonialisme et le post-colonialisme. Shonibare n’ignore pas que le wax hollandais très populaire en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale est un tissu étranger destiné aux marchés africains. Effectivement, le wax est inspiré du batik indonésien. Les Hollandais ont tenté de concurrencer les tissus locaux en  industrialisant la production dans le but de le revendre aux Indonésiens. Toutefois, les batiks hollandais n’arrivaient pas à égaler la qualité des batiks originaux et les producteurs arrivèrent à industrialiser les procédés de fabrication. Il fallait trouver des déboucher pour ces tissus, l’Europe ne s’enthousiasma pas pour ces tissus bariolés. En revanche, le wax allait connaître un succès retentissant aux larges des côtes africaines. Le travail de Yinka Shonibare détourne, parodie de nombreux chefs d’œuvres de l’art occidental. Il « africanise » en utilisant le wax, les grands classiques de l’art européen. Ses messages politiques sont tournés sur les questions liées à la mondialisation ainsi que les notions de race et de classe. Durant son enfance, il a contracté une maladie qui le laisse handicapé, il s’entoure d’une équipe d’assistants pour réaliser ses installations.

The Pursuit est une parodie de l’œuvre « Des progrès de l’amour » de Fragonard. Le discours s’articule habilement sur la maîtrise de la nature, le projet colonial au moment où les Européens revendiquent une certaine liberté d’esprit, de progrès social. Les aristocrates français se distinguent par leurs habits, leurs têtes décapitées renvoient à la tragédie de Révolution Française. Grinçante métaphore coloniale, cette installation est visible à l’Institut néerlandais (Paris) jusqu’au04 novembre 2012. Yinka Shonibare sera l’invité de marque du Art Basel 2012.
Un autre jeune talent, s’est emparé du wax hollandais pour nourrir ses réflexions autour du genre et de la race. Kehinde Wiley (1977) est né d’une mère afro-américaine et d’un père originaire du Nigeria. Ce peintre virtuose, diplômé de Yale travaille sur l’identité raciale et sexuelle. Il crée des collisions surprenantes entre l’histoire de l’art et la culture de rue. Son œuvre oscille entre critique politique et la puissance des symboles de la domination masculine. Pour la première fois, il présente en France, à la galerie Templon ses œuvres pour lesquelles il est parti sur les traces des cultures africaines et de l’histoire coloniale française en Afrique (1880-1960) en explorant le Maroc, la Tunisie, le Gabon, le Congo et le Cameroun.

Kehinde Wiley, A world Stage: France, 1880-1960. Galerie Daniel Templon, 30 rue Beaubourg75003 Paris. Du 27 octobre au 22 décembre 2012.

Viva Stella!

StellaJean4

La créatrice italo-haïtienne m’a fait vivre un moment de mode complètement dingue.

C’est simple : Stella Jean lit dans mes pensées. J’ai longtemps rêvé d’une silhouette preppy, intellectuelle, néovintage chic à l’italienne façon Prada sans renier mon goût pour le peps des couleurs qui claquent. Bref allier mon exubérance africaine avec une pointe de rigorisme.

J’en ai rêvé, Stella l’a fait. Ses vêtements partent d’un bel esprit, d’un goût certain et d’un sixième sens de la couleur. Stella Jean a remporté un concours sponsorisé par Vogue Italie et c’est normal. Ses propositions sont modernes, les lignes tirées au cordeau exactement comme j’aime ni plus ni moins. Bref, impeccable. L’ensemble reste cool, savamment hipster avec les pointes de jean, les chemises « boyfriend », les pulls loose et les manteaux dont les coupes fleurent bon les sixties. Etrangement, je trouve son travail très latin, plus proche de l’Amérique Latine de Carolina Herrera que des îles Caraïbes où elle puise portant son inspiration.

Stella Jean est sans l’ombre d’un doute une créatrice cérébrale matinée de mysticisme haïtien. L’âme créole de ses vêtements m’envoûte déjà. Le tableau est parfait, puisque la créatrice s’investit pour aider Haïti et que la collection de Stella Jean est distribuée dans de nombreux points de vente, ainsi que sur la très luxueuse sélection du site www.luisaviaroma.com. Bravissimo !

 

Entre les lignes… sur Africa 24

Lauren Ekue


ENTRE LES LIGNES – Lauren EKUE par AFRICA24

Mon interview sur les plateaux de la chaîne de télé, Africa 24, dans l’émission « Entre les lignes ».

« La Black Attitude de Lauren Ekué »

Black attitude #1

Interview parue dans le magazine Amina, N°496 (août 2011), édition Europe p.41. Par Ange Dukunde.

Née en France, dans les Hauts-de-Seine, Lauren Ekué est une jeune journaliste de mode ayant participé au lancement du magazine Chocolate. Diplômée en sociologie, la jeune femme se distingue par son écriture urbaine et novatrice qui sied à la littérature féminine contemporaine. Pour son troisième ouvrage Black Attitude, elle collabore avec la rédaction de « Black Fashion » (Amina).

Comment avez-vous commencé à écrire ?
La lecture a toujours été ma passion. J’ai commencé à quatre ans et, comme on dit souvent, les grands lecteurs ont toujours envie de passer de l’autre côté. Ayant fait des études en communication, j’ai commencé par écrire des communiqués de presse pour des marques de luxe et c’est devenu une passion. Ensuite, j’ai répondu à l’annonce du magazine Chocolate. De fil en aiguille, j’ai entamé mon roman Icône Urbaine.

Quelles sont vos inspirations ?
Beaucoup d’auteurs afro-américains comme Maya Angelou, Zora Neale Hurston, Tyler Perry, Terry McMillian et Trecey Lewis, une des auteures de Black American Princess.

Parlez-nous du livre Black Attitude.
Black Attitude est un roman très inspiré de la littérature moderne et romantique, la « chick litt » anglo-saxonne. C’est un livre écrit par une femme pour les femmes. Il dépeint les aventures sentimentales, mais surtout les excès de la jeunesse dorée africaine. C’est incontestablement une version inédite de ce courant littéraire. Le roman aborde le thème de la France-Afrique et décrit des scènes aussi cocasses que réelles. La mode, notamment la mode africaine, joue le second rôle.

Pourquoi avoir choisi le titre Black Attitude ?
En temps qu’écrivain on est amené à lire beaucoup de choses et je me suis intéressée au pourquoi du succès de cette littérature, la « chick litt ». J’ai eu l’idée de faire un travail du même style dans un environnement plus africain. Après avoir lu le livre Blonde Attitude de Plum Sykes, j’ai souhaité réaliser quelque chose du même genre en y ajoutant de l’actualité contemporaine avec l’affaire des biens mal acquis.

 

Propos recueillis
par Ange Dukunde