Life & Style

Festival du Cinéma Américain de Deauville, 39e Edition

Comme dans un conte de fées, le début fut laborieux. Le zèle du service de sécurité a failli briser toute la magie de ce week-end à Deauville. Mais une bonne fée, l’attachée de presse de Forest Whitaker, a su jouer de sa baguette magique. Cling !

Quand il s’agit de faire ses premiers pas sous les feux ardents d’un tapis rouge, prendre son temps est vivement recommandé. Pas besoin de se presser comme si on marchait sur un tapis aux milles braises rougeoyantes. Flashée par-ci, flashée par là, est-ce encore moi qui fais véritablement l’action ?

Le majordome

Le majordome

Forest Whitaker et le réalisateur du film, Lee Daniels, prennent superbement la pose. Crépitement de flashs. Dans la salle de projection où nous cherchons nos places, l’heure est au piaillement. Là encore, le personnel fait obstacle et nous dirige vers les places du fond, tout au fond… NON ! Forest Whitaker arrive. L’angélique attachée de presse aussi. Direction le rang d’honneur. Cling ! Cling ! Doigt d’honneur ! CLING ! Fuck you all fucking bastards! Cling ! Hum, ça fait du bien.

Le Majordome  est un film bouleversant. Une tuerie. Une nouvelle lecture sur l’évolution des droits civiques et l’âpre combat des Afro-Américains. Le personnage Cécil Gaines interprété par Whitaker reprend de nombreux éléments biographiques de la vie d’Eugene Allen, majordome à la Maison Blanche de 1952 à 1986. Il est donc un témoin clef de la vie politique américaine. Ce long métrage s’approche donc d’une certaine véracité à travers l’héroïsme des anonymes, loin des stars du sport et du showbiz. Oprah Winfrey campe le rôle de l’épouse de Gaines avec le talent qu’on lui connaît. L’ensemble de la distribution est extraordinaire. Dans la salle, rien de moins qu’une standing ovation. Le film est pressenti pour les Oscars et il a déjà engrangé plus de 70 millions de dollars en deux semaines d’exploitation.

La sortie n’est pas loin. L’attachée de presse nous rattrape et nous explique qu’une voiture va nous conduire jusqu’au cocktail. Berline. Chauffeur. Sièges en cuir. Bref, du grand tralala, mais qui n’aime pas ça ?

16 bis coktailLors du cocktail, j’ai pu m’apercevoir que Mickael Douglas était le genre d’homme qui ne laisse aucune femme indifférente. Quand la classe et la virilité raffinée se conjuguent. Cate Blanchett dans sa robe Dior par Raf Simons avait tout simplement l’air féerique. Discussion avec M.Whitaker. Je réécris comme pour m’en convaincre : discussion avec M. Forest Whitaker. Une nouvelle berline nous attend pour nous transporter au lieu où se tiendra le dîner. Retralala. Je formule le voeu d’être atteinte du syndrome de Cendrillon. Mais la rationalité l’emporte vite. Pas moyen de se déchausser d’ornementales Kirkwood -qui m’ont coûtées un bras- pour titiller un Prince Charmant. L’instant est véritablement magique. Nous ne sommes que quinze convives à ce dîner placé. Cling ! Cling ! Léchage l’un après l’autre, et particulièrement appliqué, des deux majeurs. Ne pas lésiner sur la salive. Puis, double doigt d’honneur. Et ça brille ! Cling ! Fuck you all fucking bastards! Cling ! Cling ! Cling ! Cling ! YEAHHH!

Au cœur de la hype made in Deauville, bavardage appuyé, extasié, enchanté, avec le distributeur du film en France. Quand un beau gosse surgit, il porte un nom français mais je préfère le traduire illico par son équivalent anglais, « beaver », qui laisse beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d’imagination quand à la conclusion de cette soirée.

Yeah, fuck you all freaky bastards.

Le Majordome, Lee Daniels, en salles le 11 septembre 2013.

Remerciements chaleureux à Delphine M et sa bande.

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