Life & Style

« L’Expérience noire au féminin dans la France contemporaine. »

Ekue-Talk

Ekue-TalkMarch 24, 4:30PM–6:00PM

Chase Auditorium
Distinguished Visitor Lauren Ekué, novelist, writer and freelance journalist

Lauren Ekué is an African-French writer and freelance journalist.

Sponsored by the Department of French & Francophone Studies in conjunction with the Distinguished Visitors Program.

Haverford College
370 Lancaster Avenue
Haverford, PA 19041
USA

Terre Des Ours

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Quand petit ours deviendra grand.

Le documentaire animalier de Guillaume Vincent raconté par Marion Cotillard a suivi l’odyssée initiatique d’un jeune ours brun dans la réserve naturelle du Kamtchatka.  Plus qu’un hymne à la nature, le film est un manifeste pour la sauvegarde des animaux sauvages en milieu naturel. L’utilisation de la 3D relief ce qui constitue une première mondiale et le soutien logistique  de l’équipe James Cameron restituent la sève essentielle et nourricière d’une contrée brute, protégée, aux confins reculés de la Russie.

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Un jeune ourson fraîchement émancipé poursuit sa légende personnelle. Il quitte la chaleur de la grotte familiale pour partir à la conquête de son environnement et des éléments naturels. Entre puissance et douceur, la caméra pénètre dans l’intimité de ces grands plantigrades. La vie est au coeur du récit, soulignant avec acuité l’interdépendance des souffles dans la biosphère. L’aquatique bal des méduses translucides insuffle un peu de poésie marine, face aux terres tantôt recouvertes du blanc linceul hivernal, tantôt, tapissées de fleurs et végétaux estivaux. La pêche aux saumons prête à une interprétation allégorique de la condition humaine. Devenus solitaires, nous n’aimons pas la promiscuité et l’épuisement des ressources naturelles pourrait également donner lieu à des grognements et d’âpres batailles. L’instinct de survie est lui aussi inscrit dans nos gènes.

Le récit initiatique du jeune ours et les fabuleuses images rendent les spectateurs proches et complices d’un tendre conte écolo-philosophique animalier.

Terre Des Ours, un film de Guillaume Vincent raconté par Marion Cotillard.
 En salles le 26 février, 1h27.

Business : Classe moyenne et balbutiement du secteur de la mode en Afrique.

L’émergence d’une classe moyenne africaine serait l’un des moteurs de croissance de la mode en Afrique. Mythe ou réalité enjolivée ?
– Par Lauren Ekué

Un sourire indescriptible a illuminé mon visage quand j’ai reçu un lien renvoyant au Forum Forbes Afrique 2013 dans ma boîte mail. Un sentiment de victoire. Le monde des hyper fortunés troque enfin l’afropessimisme contre l’afroptimisme. L’idée d’associer la revue préférée des nouveaux Gatsby et le continent crève-la-faim a longtemps paru incongrue. Malgré les analyses flatteuses et les sommets dispendieux, j’ai quand même l’impression de devoir rire jaune encore un bon bout de temps. En dépit de l’euphorie, et des multiples initiatives lucratives et audacieuses, la réalité continentale est loin de flirter avec la société de consommation et donc de l’indispensable révolution socioculturelle et vestimentaire souvent fomentée par les classes moyennes. Si l’histoire séduit la rédactrice de mode, la réalité n’est pas bling-bling pour un sou ni truffée d’accros au shopping. Les souffre-douleur des régimes autocratiques aux desseins économiques ajustés sur-mesure sont malheureusement plus nombreux que les victimes consentantes de la mode. Continue Reading →

Etoile jaune, triangle rose

AFFICHE-OPUS-WEB-SEPTEMBRE-Temps de guerre. Coup de foudre. Musique. Deux hommes. Les grandes passions sont souvent contrariées. Les protagonistes de cette pièce n’échappent pas à la fatalité des amours condamnés. Simon, un jeune pianiste juif marié s’éprend d’un officier allemand, musicien également. L’un vient au secours de l’autre. Ils tentent de vivre leur amour en bravant les dangers, flirtant sans cesse avec la mort. Mais la Gestapo n’aime sait que les sombres requiems. Opus 53 ou Passion et Raison, est une pièce écrite par Gérard Blanot, si le registre de la comédie musicale allège le propos, le sujet reste délicat à aborder. L’interprétation des comédiens, loin d’être caricaturale, rend tout à fait crédible cette fiction inspirée d’un fait divers.

Special Fashion Week – Prêt-à-porter. Printemps/Eté 2014

TOM FORD

New York, Printemps/Eté 2014.

La semaine de la mode new-yorkaise déchaîne rarement autant d’hystérie que celle de Londres, Milan et Paris. Pas véritablement de mollesse créative, mais une mode commerciale, accessible, très portable et volontiers pragmatique. Les vétérans Donna Karan, Calvin Klein, Narciso Rodriguez, Oscar de la Renta, Ralph Lauren, Ralph Rucci, Tommy Hilfiger ont parfaitement exécuté des pièces prisées par une clientèle à la recherche de statut social et de la respectabilité d’une élégance nette et sans prise de tête. Les acheteurs des grands magasins du monde entier affectionnent également ce style sans risque. Les défilés nagent dans un réalisme très américain, très « you got what you see ». Cette saison, Michael Kors livre une excellente collection. Si la jeune garde continue ses expérimentations, le crash stylistique de Rodarte laisse sans voix. Victoria Beckham garde le cap et s’approche de ses objectifs. A New York, le côté industriel de la mode l’emporte sur la création. On laisse à l’Europe ses artistes créateurs, ses poètes enflammés du vêtement. Ici, le podium crée des multimillionnaires de la mode,  hier c’était Marc Jacobs, aujourd’hui Alexander Wang et peut être que demain un Joseph Altuzarra ou une Victoria Beckham se développeront à un rythme démentiel que n’importe quel jeune créateur européen pourrait envier. L’objectif est tout aussi honorable même si la saison a été peu enthousiasmante.

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Londres, Printemps/Eté 2014.

Les allergiques aux pollens et ceux qui n’aiment pas les imprimés fleuris verront d’un mauvais œil ces collections fraîches et florales qui émanent de la semaine de la mode londonienne. Chez Burberry Prorsum, la dentelle prend de la couleur, les sweats en cachemire ont la douceur d’un revers de pétale. L’ensemble est très féminin, peu risqué, aisément commercial mais vraiment trop policé. Une bonne rasade de bitchiness ferait le plus grand bien. Et sur ce terrain là, Tom Ford est le roi. Les cuirs en particulier siéent aux femmes Fordisées, puissance et sexyness sont encore au rendez-vous et on aime encore ça, même si opérer un changement de fixette serait à prévoir dans un avenir proche. Les chaussures émoustillent nos instincts fétichistes, les affolantes cuissardes lacées se passent de commentaire. A offrir aux dominatrices, aux émancipées, aux affranchies, aux coincées dans le vain espoir de les décoincer. The bitch is back. Désir, libido, mauvais genre et transgressions restent les best-sellers du styliste Texan. Duro Olowu, lui aussi s’empare du jardin anglais pour une collection habile, les capes sont superbes. Christopher Kane revisite ses cours de SVT, le résultat est vraiment très cool et les robes virginales aux plissés sophistiqués ouvriraient l’appétit de pas mal de modeuses. Mary Katrantzou joue des volumes et sur les tissus. Les imprimés qui s’inspirent des Richelieux et autres chaussures apportent une nouvelle partition à l’univers de la créatrice. Le cœur stylistique de Londres semble fleurir à chaque saison.

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Festival du Cinéma Américain de Deauville, 39e Edition

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Comme dans un conte de fées, le début fut laborieux. Le zèle du service de sécurité a failli briser toute la magie de ce week-end à Deauville. Mais une bonne fée, l’attachée de presse de Forest Whitaker, a su jouer de sa baguette magique. Cling !

Quand il s’agit de faire ses premiers pas sous les feux ardents d’un tapis rouge, prendre son temps est vivement recommandé. Pas besoin de se presser comme si on marchait sur un tapis aux milles braises rougeoyantes. Flashée par-ci, flashée par là, est-ce encore moi qui fais véritablement l’action ? Continue Reading →

African Fashion Week New York 2013

Cette année, Adia Adsu et son équipe peuvent être fiers de leur partenariat avec Pikolinos. Le marketing et la communication sont vraiment les points forts de l’AFWNY. Le pop up store est une réussite.

« Le luxe africain est la co-existence du commerce, de la tradition modernisée dans sa beauté diversifiée. La création de ces étoffes précieuses aux motifs et dessins originaux permet de créer des opportunités économiques pour de nombreuses communautés africaines qui autrement pourraient ne pas trouver d’autres moyens pour leur subsistance. »
Adiat Disu, productrice et directrice de Adiree.

Les trois jours de défilés (18-20 juillet) ont permis de présenter seize créateurs dont certains habitués comme Bill Witherspoon mais aussi de nouveaux venus du Maroc, d’Ouganda et du Kenya. De l’autre côté de l’Atlantique, l’évolution stylistique au sein des modes diasporiques et africaines emprunte de nombreuses voies. Le wax est souvent plébiscité, de nombreuses propositions sont plus qu’inspirantes.

Seul regret, les coiffures et les maquillages pas suffisamment maîtrisés pour être toujours du meilleur goût. L’inspiration est là mais subsiste quelques maladresses.

Crédit photo ©Robert Cooper.

Le salon du livre de Genève 2013

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Genève, 4 mai 2013. Les salons du livre sont une parenthèse dans le travail solitaire de l’auteur. On y rencontre d’autres écrivains. Mais on perd vite son enthousiasme. Tous « les collègues » ne sont pas disposés à vous assimiler comme l’un des leurs. Ecrire un livre ne suffit pas à entrer dans leurs bonnes grâces. Une fois la crampe digérée, l’estomac dénoué, le sourire lumineux d’un lecteur bienveillant prend l’ascendant sur la petite blessure infligée à l’ego. Ai eu un temps la candeur de penser que les écrivains étaient des gens éclairés, sensibles et généreux. A mon grand regret, le fantasme s’est vite écroulé lors de mon tout premier salon. Racisme, sexisme, conflit de génération. Intellectuels VS les opportunistes galvaudant le genre littéraire. Rite de passage. Les Émerveillés remplaceront les Primés, les Blasés, les Confirmés. Les maux des écrivains vieillissants malmènent la juvénile spontanéité des autres.

Néanmoins, à chaque fois, l’expérience fut sensationnelle et enrichissante. Certains auteurs sont de remarquables vendeurs, là où d’autres sont d’excellents orateurs. La célébrité, la notoriété médiatique, voilà ce qui aide vraiment à vendre du bouquin. Ce n’est pas toujours la finesse d’une plume que le lecteur privilégie, mais plutôt son immédiate proximité avec un personnage cathodique. Les livres des people demeurent promis à un bel avenir. D’autres sont de grands séducteurs, le plus pathétique dragueur de la sphère littéraire inscrit son 06 au verso de la page de couverture. La formule fait mouche. De nombreuses jeunes femmes quittent son stand la bouche en cœur, l’œil qui pétille et le cil papillonnant. Elles roulent du cul et disparaissent en serrant fébrilement l’ouvrage contre leur cœur. Continue Reading →

On achève (trop) bien les chanteuses

L’une est morte à Los Angeles, l’autre y est née. La baie des anges a été fatale à la grande Whitney Houston. Une chambre d’hôtel comme dernière scène d’une vie vouée à la comédie. Tabloids, remises de prix, sourires de façade, mises en plis soignées et des caprices suffisamment futiles pour rappeler aux autres qu’on existe…encore un peu.

TML’éclat d’un soleil noir.

Téri Moïse, chanteuse sublime, chanteuse subtile, poétesse ultime. Une chambre d’hôtel madrilène, comme dernier refuge d’une vie consacrée à la poésie. Cette Amazone en mode Prose Combat a baissé le rideau. Fin de la Commedia dell’arte. Les piaillements des corbeaux enseveliront les pleurs des ses chères colombes. C’est parfois dans la grâce couplée à une certaine fragilité que réside le clair-obscur des grands talents. Requiem.

Pureté d’un soleil noir.

Enième apport vitaminique MGMT de la journée. Electric Feel en intraveineuse. Une surdose bien balancée de Kendrick Lamar. Le nouveau prodige du hip hop annonce d’emblée son manifeste, Bitch don’t kill my vibe. Lui, se protège.

Colère d’un soleil noir.

Profondeur, voix mélodieuse, élégance de l’âme. La richesse émotionnelle découle souvent d’une sensibilité extraordinaire. Hommage et respect à ces sœurs de cœurs.

Le public est un zappeur. La célébrité est trompeuse.

Whitney

Croqueuse de diams

eternamé

Le Soleil est de retour dans la capitale. Il brille, il sublime, il fascine. J’aime mes rencards avec le Soleil. Nos têtes à têtes ne sont jamais houleux. Je suis toujours ravie d’atteindre les vertiges d’une surexposition lorsqu’il triomphe à son zénith. Une belle journée se place toujours sous les meilleurs auspices. Le déjeuner des femmes Eternamé couronne définitivement celle-ci d’un halo magique, d’un puissant signe aussi étincelant qu’un précieux gemme. Je reste quelques instants sur le trottoir de la rue Marot parce que je ne me résous pas à interrompre violemment Rihanna d’un geste sec et inélégant. La voix rocailleuse de Riri hurle à cet instant précis we are beautiful like diamonds in the sky.  Mes oreilles perçoivent le message. Comment ne pas croire à l’énergie ? A la synchronicité ? La star achève enfin sa chanson calibrée pour les oreilles standard.

Laissons donc enfin place à l’exceptionnel. Le mardi, le boudoir Eternamé s’anime d’une superbe ruche de femmes venues d’horizons divers. La créatrice reine, Sarah Besnainou reçoit des femmes à son image, féminité maîtrisée, allure contemporaine au style de vie à la fois cosmopolite, parisien et international. Nous déjeunons autour d’une table merveilleusement dressée où des orchidées, aussi fraîches que l’aube, serpentent de leur beauté l’art de cette table éphémère, ce petit plaisir visuel possède un charme indescriptible. Et, oui, ça en met plein la vue ! Brillamment, ça en jette ! Les convives, sont d’élégantes working-girls à l’appétit d’oiseau. Pas moi. Je n’ai jamais eu peur d’engloutir au cours du même repas plus de calories que contient à lui seul un gâteau d’anniversaire. La tuerie au chocolat a le bon goût de l’enfance, sa teneur calorique rivalise certainement avec le nombre minimum de carat requis pour une création de haute joaillerie Eternamé. Une part de ce délicieux diamant rond, revient à croquer dans le moelleux capitonné d’un écrin tendu de velours. Il faut vraiment faire la fine bouche pour ne pas se laisser tenter par l’un de ses rubis cernés de diamants trônant fièrement sur des macarons aux fruits rouges. La gourmandise n’est pas un péché. Qui mangera vivra. Le minimalisme ne mène pas à la félicité. Qui bagouse au doigt frimera. D’ailleurs d’iridescents Smarties ornementaux, forcément argentés, sont nonchalamment disposés sur la table. La présentation des bagues est tout aussi raffinée.

Le port de pierres précieuses influe positivement le karma, ce qui laisse deviner un beau présage. Shine bright like a diamond, Rihanna a décidemment bien raison.

 

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