Life & Style

Special Fashion Week – Prêt-à-porter. Printemps/Eté 2014

TOM FORD

New York, Printemps/Eté 2014.

La semaine de la mode new-yorkaise déchaîne rarement autant d’hystérie que celle de Londres, Milan et Paris. Pas véritablement de mollesse créative, mais une mode commerciale, accessible, très portable et volontiers pragmatique. Les vétérans Donna Karan, Calvin Klein, Narciso Rodriguez, Oscar de la Renta, Ralph Lauren, Ralph Rucci, Tommy Hilfiger ont parfaitement exécuté des pièces prisées par une clientèle à la recherche de statut social et de la respectabilité d’une élégance nette et sans prise de tête. Les acheteurs des grands magasins du monde entier affectionnent également ce style sans risque. Les défilés nagent dans un réalisme très américain, très « you got what you see ». Cette saison, Michael Kors livre une excellente collection. Si la jeune garde continue ses expérimentations, le crash stylistique de Rodarte laisse sans voix. Victoria Beckham garde le cap et s’approche de ses objectifs. A New York, le côté industriel de la mode l’emporte sur la création. On laisse à l’Europe ses artistes créateurs, ses poètes enflammés du vêtement. Ici, le podium crée des multimillionnaires de la mode,  hier c’était Marc Jacobs, aujourd’hui Alexander Wang et peut être que demain un Joseph Altuzarra ou une Victoria Beckham se développeront à un rythme démentiel que n’importe quel jeune créateur européen pourrait envier. L’objectif est tout aussi honorable même si la saison a été peu enthousiasmante.

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Londres, Printemps/Eté 2014.

Les allergiques aux pollens et ceux qui n’aiment pas les imprimés fleuris verront d’un mauvais œil ces collections fraîches et florales qui émanent de la semaine de la mode londonienne. Chez Burberry Prorsum, la dentelle prend de la couleur, les sweats en cachemire ont la douceur d’un revers de pétale. L’ensemble est très féminin, peu risqué, aisément commercial mais vraiment trop policé. Une bonne rasade de bitchiness ferait le plus grand bien. Et sur ce terrain là, Tom Ford est le roi. Les cuirs en particulier siéent aux femmes Fordisées, puissance et sexyness sont encore au rendez-vous et on aime encore ça, même si opérer un changement de fixette serait à prévoir dans un avenir proche. Les chaussures émoustillent nos instincts fétichistes, les affolantes cuissardes lacées se passent de commentaire. A offrir aux dominatrices, aux émancipées, aux affranchies, aux coincées dans le vain espoir de les décoincer. The bitch is back. Désir, libido, mauvais genre et transgressions restent les best-sellers du styliste Texan. Duro Olowu, lui aussi s’empare du jardin anglais pour une collection habile, les capes sont superbes. Christopher Kane revisite ses cours de SVT, le résultat est vraiment très cool et les robes virginales aux plissés sophistiqués ouvriraient l’appétit de pas mal de modeuses. Mary Katrantzou joue des volumes et sur les tissus. Les imprimés qui s’inspirent des Richelieux et autres chaussures apportent une nouvelle partition à l’univers de la créatrice. Le cœur stylistique de Londres semble fleurir à chaque saison.

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